La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

chattat

חַטָּאת

chattat

Formes : chattat, chataʾah, chataʾim

Prononciation

chat-TAT — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Le ch est un het : serre le fond de la gorge comme pour souffler sur une vitre, et souffle. Jamais le « ch » de « chat », qui se fait avec la langue à l'avant.

Un fauve couché à l'entrée d'une maison. Il ne bondit pas encore. Il attend, et l'on sait qu'il attend, et l'on sait aussi qu'entrer ou sortir demandera de compter avec lui.

C'est l'image que le corpus emploie la première fois qu'il nomme la chattat (chattat / חַטָּאת). Qayin a le visage tombé, son offrande n'a pas été regardée, et YHWH lui parle avant qu'il ait rien fait : la chattat est tapie à la porte ; vers toi est son désir, et toi tu dois la gouverner.

Retiens que rien n'est encore arrivé. Personne n'a été frappé, aucune règle n'a été enfreinte. Ce que le texte décrit, c'est un état de la situation : quelque chose est là, disponible, orienté vers lui — et il a la charge de le tenir.

La chattat est la forme nominale de chataʾ, manquer sa cible : elle est le manquement lui-même, pris comme une chose. Non pas la culpabilité qui suit, non pas la dette qu'il faudra payer — l'écart, posé là.

L'image est celle du tir. On vise, et la flèche passe à côté : voilà chataʾ. Rien n'est dit du tireur, de ses intentions ni de sa valeur — seulement que le geste n'a pas atteint ce à quoi il était destiné. Le français n'a pas ce mot, et c'est pourquoi l'ONT ne traduit ni le verbe ni le nom.

C'est ce que « le péché » ne peut plus dire. Le mot français traîne une architecture entière : une faute morale, une souillure de l'âme, une comptabilité, une réparation. Il fait de la chattat une catégorie morale là où l'hébreu nomme un écart de trajectoire, et il déplace toute la scène de Qayin vers la culpabilité alors qu'elle porte sur le gouvernement.

Le verbe employé pour ce que Qayin doit faire est d'ailleurs celui du gouvernement — mashal, régner sur un domaine. Il ne lui est pas demandé de résister à une tentation ni d'être vertueux : il lui est demandé de tenir sa charge, comme un tselem doit tenir la sienne. Ce qui est tapi à la porte relève de son domaine.

Le mot désignera plus tard, dans les textes du service, l'offrande qui traite cet écart — et l'on emploiera le même mot pour le manquement et pour ce qui le répare, parce que c'est la même chose qu'on manipule.

Un mot voisin se lit presque pareil et n'est pas le même. Celui-ci finit par un tav — חַטָּאת, chattat —, et c'est lui que YHWH emploie devant Qayin. L'autre finit par un he — חַטָּאָה, chataʾah — et c'est celui de Sedom : leur chataʾah est très lourde. Même racine, même sens, deux mots que l'hébreu distingue par une lettre et que le français ne peut pas séparer.

Source

2403 b · חַטָּאת

Dans le corpus

18 occurrences