La Bible ONT — מקרא הקדם

Nom propre

ʿAmaleqim

Prononciation

A-ma-le-QIM — quatre syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Le q est un qof : un k produit tout au fond, contre la luette.

Le Shem

L'étymologie ne se laisse pas prendre, et il vaut mieux le dire que de choisir.

(ʿAmaleq / עֲמָלֵק) n'a pas de racine hébraïque assurée. On a proposé am (עַם), le peuple, suivi d'un second élément qu'on n'arrive pas à fixer ; on a proposé une racine lécher, lapper, ce qui donnerait un peuple nommé d'après le geste de boire au creux de la main dans un pays sans puits. Aucune ne s'impose, et le corpus ne dit rien.

Ce silence est plus instructif qu'une étymologie forcée. Les Shemot que le texte veut expliquer, il les explique — Peleg pour le partage, Bavel pour la confusion, Chanokh pour l'inauguration. Quand il se tait, c'est qu'il transmet un nom reçu, sans le retravailler. Amaleq est de ceux-là.

Ce qu'on sait tient au pays. Les Amaleqim sont le peuple du désert méridional, entre Kenaʿan et Mitsrayim — la bande sèche du Négev et au-delà. Non des sédentaires : des nomades du sec, qui se déplacent avec leurs troupeaux entre des points d'eau qu'ils sont seuls à connaître, et qui vivent en partie de ce qu'ils prennent aux caravanes obligées de traverser chez eux.

Un nom qui vient trop tôt, et le texte le sait

Voici ce que cette entrée a de plus remarquable, et il faut le poser franchement : à l'heure du récit, ce peuple ne peut pas s'appeler ainsi.

Amaleq est le petit-fils d'Esav, qui n'est pas né. Son grand-père n'est pas né. ʾAvram n'a pas encore de fils. Quand Kedorlaomer frappe « tout le champ des Amaleqim », il frappe un territoire dont le nom sera formé plusieurs générations plus tard.

Ce n'est pas une erreur, c'est une manière de parler au lecteur. Le narrateur situe un lieu par la désignation que son auditoire connaît, comme on dirait aujourd'hui « il traversa la Bourgogne » d'un voyageur du IVᵉ siècle. Ur Kasdim fonctionne exactement pareil : les Kasdim sont une puissance tardive de mille ans.

Le §4.11 commande de ne pas résoudre ce que le texte laisse ouvert, et il n'y a rien à résoudre ici — mais il y a quelque chose à ne pas effacer. Un lecteur qui prend la mention pour une donnée chronologique se trompera de mille ans ; un lecteur qui y voit la voix du narrateur entend juste.

Ce qu'ils deviendront

Leur poids dans le corpus est ailleurs, et il est lourd. Ici ils ne sont qu'une étape d'itinéraire — les quatre rois descendent, frappent, remontent.

Mais le Shem est posé, et c'est la fonction de cette mention. Le peuple du sec entre Kenaʿan et Mitsrayim est exactement sur la route par où l'on sortira de Mitsrayim, et c'est là qu'il attendra. *Shemot* 17 fera d'eux les premiers à attaquer un peuple qui vient de traverser la mer, épuisé et sans ordre de bataille ; *Devarim* 25 précisera qu'ils ont frappé par la queue, sur les traînards.

Rien de tout cela n'est dans *Bereshit* 14. Mais le corpus a l'habitude de poser un nom longtemps avant de s'en servir, et de le poser dans un pays plutôt que dans un récit. Quand la sortie viendra, le lecteur saura déjà où ils vivent.

Ce que la fiche porte, et ce qu'elle attend

Elle repose sur une seule mention, *Genèse* 14:7, et sur ce que la géographie permet d'en dire sans inventer. Tout ce qui fait le poids de ce Shem est dans Shemot et Devarim, qui ne sont pas écrits. La fiche sera reprise alors — le peuple n'aura pas changé, mais ce que le corpus en dit, oui.

Voir aussi

Leur pays et ses bornes : Kenaʿan au septentrion, Mitsrayim à l'occident, et Qadesh — appelée ʿEn-Mishpat dans ce même verset — au cœur de leur territoire.

L'autre nom donné trop tôt : Ur Kasdim, où le narrateur emploie de la même façon une désignation postérieure de mille ans.

Ceux qui les frappent : Kedorlaomer, ʾAmrafel, ʾAryokh, Tidʿal, et les peuples anciens balayés dans la même descente — Refaim, Zouzim, ʾEmim, Chorim.

Source

6003 · עֲמָלֵקִי

Dérivé du témoin, non tapé : l'hébreu que le corpus lui apparie, retrouvé à Bereshit 14:7.