Nom propre
Lamekh-fils-de-Metoushael
Prononciation
La-MEKH — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).
Le kh est un khaf : frottement contre le palais mou — le ch de l'allemand Bach. Ni un k, ni un « ch » de « chat ».
Le Shem
Le nom s'écrit (Lamekh / לֶמֶךְ), et son étymologie se dérobe — c'est déjà un fait. Les racines proposées — quelque chose comme le vigoureux — restent des conjectures, et le texte ne l'explique pas.
Dans un chapitre où presque tous les Shem s'ouvrent — l'acquisition, la buée, l'inauguration, la parure, l'ombre —, celui-là reste fermé. La règle de l'ONT est de ne pas combler : on dira donc qu'on ne sait pas, et on lira l'homme par ses actes, puisque c'est tout ce qu'on a.
Le premier à rompre la mesure
Il est le premier à prendre deux ʾishah — ʿAdah et Tsillah — là où tout le récit tenait le lien à deux, ish et ishah, os de mes os.
Le texte le rapporte sans un mot de jugement. C'est sa manière quand il tient quelque chose de lourd : il pose, et il attend que la suite parle.
Le premier poème du corpus est un chant de sang
Et la suite parle. Il s'adresse à ses deux ʾishah — le premier morceau versifié du corpus s'ouvre sur ce nom-là — et voici ce qu'il chante :
> J'ai tué un ʾish pour ma blessure, un enfant pour ma meurtrissure. > Si Qayin est vengé sept fois, Lamekh le sera soixante-dix-sept fois.
Il faut mesurer ce qu'il fait là. YHWH avait posé un signe sur son ancêtre — une protection, pour que celui qui le trouverait ne le frappe pas, et la vengeance septuple en était la garantie. C'était un acte de YHWH, reçu par un banni qui n'avait rien demandé.
Lamekh s'attribue le même signe, sans qu'il lui ait été donné, et le multiplie par onze. La protection devient une menace. Ce qui protégeait de la violence devient le titre qui l'autorise.
Et il ne tue pas pour survivre : il tue pour une blessure, pour une meurtrissure. La disproportion est le sujet du poème.
Ce sur quoi la lignée s'achève
C'est le dernier homme de la ligne de Qayin à parler, et le texte s'arrête là.
Sa maison a donné au monde la tente et les troupeaux par Yaval, la lyre et la flûte par Youval, le bronze et le fer par Tuval-Qayin — et Naʿamah, dont on ne dit rien. Trois façons d'habiter, et un chant de vengeance immédiatement après celui qui donne aux hommes de quoi trancher.
Le corpus ne dit pas que l'un cause l'autre. Il les pose côte à côte, et se tait.
Voir aussi
Le même Shem, porté par un autre : le Lamekh-fils-de-Metoushelach de la ligne de Shet, père de Noach — celui qui nomme son fils en disant qu'il les nachamera. Le corpus relève lui-même la coïncidence, et en tire que l'humanité reste une, même divisée.
Sa maison : Metoushael son père, ʿAdah et Tsillah ses ʾishah, et leurs quatre enfants.
Ce que son chant touche : le signe posé sur Qayin, et le chamas qui remplira la Terre avant le mabbul.