Intraduisible
geveret
גְּבֶרֶת
Prononciation
gue-vi-RA — trois syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).
Le g est toujours dur, comme dans « guerre » — jamais le g de « geste », qui est la faute probable devant un e.
Le h final ne se prononce pas : c'est une lettre-support, comme dans Sarah ou Chavah. On dit gue-vi-RA. À ne pas confondre avec le h de gavah et de govah, qui portent un mappiq et se soufflent.
Le témoin, sous ce numéro, écrit le mot autrement — gue-VÈ-rète, accent sur l'avant-dernière. La dernière section de cette fiche dit pourquoi.
Ce que le mot tient
Une maison de tentes, quelque part entre Kenaʿan et le désert. Il y a une femme à qui la maison appartient, et il y a une shifchah qui relève de sa sphère. Un jour la shifchah conçoit, et le texte écrit une seule ligne pour dire ce qui vient de se briser : sa maîtresse devint légère à ses yeux (gevirtah / גְּבִרְתָּהּ), *Genèse* 16:4.
Le mot de cette fiche est celui-là. Il est bâti sur gavar, l'emporter — la même racine que gibbor et que gevurah —, et il le dit au féminin : celle qui l'emporte chez elle.
Ce n'est donc pas un titre qu'on porte. C'est une position qui tient ou qui ne tient pas, et le verbe que le récit lui oppose le montre sans commentaire : elle devient légère, elle perd du poids, elle perd de la kavod. Une geveret qui n'a plus de poids dans le regard de sa maison a cessé d'être une geveret, et il n'y a eu ni décision, ni destitution, ni un mot prononcé.
Deux mots pour une seule relation
Ce mot ne va jamais seul. Il est l'autre bout de shifchah, et le corpus les emploie presque toujours par paire, ce qui est la meilleure preuve qu'ils ne nomment pas deux personnes mais une relation, prise par ses deux extrémités.
Le naviʾ annonce un jour où tout sera mis au même niveau, et il énumère les paires qu'il faudra défaire : comme la shifchah, ainsi sa maîtresse (kashifchah kagevirtah / כַּשִּׁפְחָה כַּגְּבִרְתָּהּ), *Ésaïe* 24:2 — à côté du peuple et du kohen, du serviteur et de son maître, de l'acheteur et du vendeur. On ne cite pas une femme dans cette liste : on cite un rapport.
Un proverbe compte quatre choses sous lesquelles l'ʾeretz tremble, et l'une est celle-ci : une shifchah qui hérite de sa maîtresse (veshifchah ki tirash gevirtah / וְשִׁפְחָה כִּי תִירַשׁ גְּבִרְתָּהּ), *Proverbes* 30:23. Le scandale n'est pas qu'une femme monte ; il est que les deux bouts du rapport échangent leur place, ce qui laisse le rapport sans forme.
Et un chant de montée s'empare de cette même paire pour dire la prière : comme les yeux d'une shifchah vers la main de sa maîtresse, ainsi nos yeux vers YHWH (keʿeinei shifchah ʾel yad gevirtah / כְּעֵינֵי שִׁפְחָה אֶל יַד גְּבִרְתָּהּ), *Psaumes* 123:2. L'image ne serait rien si le mot nommait un rang. Elle tient parce qu'il nomme une attention tournée vers une main, et qu'on attend de cette main qu'elle fasse quelque chose.
Quand une ville se donne ce nom
Le mot sort une fois de la maison, et c'est pour montrer de quoi il est fait.
Une ville qui règne sur des royaumes s'entend dire qu'on ne l'appellera plus maîtresse de royaumes (geveret mamlakhot / גְּבֶרֶת מַמְלָכוֹת), *Ésaïe* 47:5. Puis le texte lui fait répéter ce qu'elle se disait : tu as dit : leʿolam je serai maîtresse (vatomeri leʿolam ʾehyeh gevaret / וַתֹּאמְרִי לְעוֹלָם אֶהְיֶה גְבָרֶת), verset 7.
Regarde le mot qu'elle emploie pour sa propre durée : leʿolam, l'horizon qui se dérobe au regard. Elle n'a pas dit qu'elle serait forte ; elle a dit qu'elle ne verrait pas la fin. Et le verset lui reproche exactement cela, et rien d'autre : tu n'as pas mis ces choses sur ton lev, tu ne t'es pas souvenue de ce qui vient après. Une geveret est celle qui l'emporte maintenant, et le mot ne promet rien au-delà.
La même racine au masculin, et elle est dans Bereshit
Il faut le savoir, parce que le mot y paraît avant toute maîtresse de maison.
Un père aveugle prononce sa dotation sur le fils qui est devant lui : « sois gevir pour tes frères » (heveh gevir leʾachekha / הֱוֵה גְבִיר לְאַחֶיךָ), *Genèse* 27:29. Et quand l'autre fils arrive trop tard, la réponse reprend le mot : « voici, je l'ai posé gevir sur toi » (gevir / גְּבִיר), verset 37.
Deux occurrences dans tout le témoin, les deux dans le même chapitre (*Genèse* 27), et elles montrent en clair de quoi le mot est fait : une place au-dessus, posée par une parole, et que celui qui la subit ne peut plus défaire. Le frère venu trop tard le demande, et la réponse est qu'il n'y a rien à reprendre. C'est très exactement ce que Hagar rencontre dans la tente, et ce que la maîtresse perd sans qu'on ait rien prononcé.
Ce que cette fiche doit déclarer, et qui reste à trancher
Le témoin porte trois mots sur cette racine, très proches et pourtant distincts, et le lecteur doit le savoir avant de s'en servir.
Sous le numéro porté en bas de cette fiche, il écrit geveret (geveret / גְּבֶרֶת) : neuf emplois, dont trois dans *Bereshit* 16 — l'unité qui couvre *Genèse* 16 —, et c'est celui de la maison — celui qui s'apparie à shifchah, et que toute la fiche vient de décrire.
Sous un numéro voisin, il écrit gevirah (hagevirah / הַגְּבִירָה) : six emplois, aucun dans la Torah, et ce n'est plus une maison mais une cour. C'est la mère du roi, celle qu'on démet de sa charge, celle qu'on déporte avec le roi et les fonctionnaires. Une fonction d'État, non une position domestique.
Sous un troisième numéro, le masculin gevir — non déclaré à ce jour —, les deux occurrences de *Genèse* 27 citées plus haut.
Le §2.5 déclare le mot sous la graphie gevirah et lui donne neuf emplois. La graphie est celle du deuxième, le compte est celui du premier. Les deux mots sont réels, le corpus les emploie tous deux, et cette fiche porte le premier — celui de *Bereshit* 16, qui est le seul que le corpus de l'ONT ait déjà rencontré. À trancher par l'auteur : ou bien une fiche pour chacun, ou bien un seul mot déclaré pour les deux, et lequel.
Ce sur quoi cette fiche repose
Les neuf emplois du lemme dans le témoin, relevés par programme, et la vérification des deux lemmes voisins, faite avant d'écrire. Le rendu de *Genèse* 16:4 et 16:8 dans le corpus de l'ONT, qui traduisait le mot par « maîtresse » avec son niveau 3 — décision antérieure à la déclaration du 12 septembre 2026, et qui demandera la même reprise que shifchah a demandée le 25 août.
Formes
geveret · gevaret · gevirtah · gevirti · gevirtekh · kagevirtah
Source
1404 · גְּבֶרֶת