Nom propre
Qenan
Prononciation
Qe-NAN — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).
Le q est un qof : un k produit tout au fond, contre la luette.
La voyelle devant le n n'est pas nasale : on détache, jamais le « on » de « bon » ni le « an » de « banc ».
Le Shem
Le nom est bâti sur la racine de qanah (qanah / קָנָה) — obtenir, et répondre de ce qu'on tient. La même que celle de Qayin.
C'est le fait qui demande d'être relevé, parce qu'il est facile à manquer et qu'il porte tout : un homme de la lignée de Shet porte le nom du premier meurtrier, à une lettre près.
Ce que la répétition dit
Le corpus construit deux généalogies parallèles, et il y met délibérément des noms qui se répondent. Chanokh-fils-de-Qayin et Chanokh-qui-marche-avec-Elohim. Lamekh-fils-de-Metoushael et Lamekh-fils-de-Metoushelach. Metoushael et Metoushelach. Et ici Qayin et Qenan.
Ce n'est pas une pauvreté d'invention : c'est une thèse sur l'humanité. La glose du corpus le dit — l'humanité reste une, même divisée. Les deux lignées ne sont pas deux espèces, l'une mauvaise et l'autre bonne. Elles portent les mêmes noms, et se distinguent par ce qu'elles font.
Car la différence est là, et elle est nette. La ligne de Qayin bâtit, forge, chante la vengeance. Celle de Shet — celle de Qenan — est celle où, au temps d'ʾEnosh, l'on commence à invoquer le Shem de YHWH.
Le même Shem d'acquisition, deux fois. D'un côté un homme qui perd toute prise. De l'autre un maillon d'une ligne qui appelle.
Voir aussi
Sa ligne : ʾEnosh son père, Mahalalel son fils, puis Yered, Chanokh-qui-marche-avec-Elohim, Metoushelach, Lamekh-fils-de-Metoushelach, Noach.
Le Shem dont il porte la racine : Qayin.
Source
7018 · קֵינָן