Nom propre
ʾEnosh
Prononciation
E-NOSH — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).
Le sh est un shin : c'est le « ch » de « chat » — dans l'ONT, c'est sh qui porte ce son, jamais ch.
Le Shem
Il y a plusieurs façons de dire « humain » dans cette langue, et elles ne disent pas la même chose. C'est une richesse que le français n'a pas, et qu'il faut tenir.
L'Être façonné du sol — ha-adam (ha-adam / הָאָדָם) — nomme l'humain par son origine et son office : tiré de l'adamah, chargé de gouverner. C'est un mot de mandat.
Enosh (ʾenosh / אֱנוֹשׁ) le nomme par sa fragilité. C'est l'être qui casse, qui use, qui meurt — la racine évoque la faiblesse et l'atteinte. Le mot ne décrit pas un rang dans l'ordre cosmique, il décrit une condition subie.
Les deux sont vrais du même être. L'un dit ce qu'il a reçu à tenir, l'autre ce qu'il est quand il se regarde.
L'homme au temps de qui l'on commence à appeler
Regardez où le texte le place, parce que tout est là.
Le fils de Shet s'appelle Enosh, et c'est en son temps qu'on commença d'invoquer le Shem de YHWH.
L'invocation n'apparaît pas au moment du mandat royal, ni au moment de la puissance. Elle apparaît au moment où l'humain se nomme lui-même le fragile.
Ce n'est pas une coïncidence de vocabulaire, c'est la structure du passage : on appelle quand on a cessé de se croire suffisant. Le nom dit l'état d'où monte la prière — et le corpus, en le posant là, dit d'où vient le culte.
Ce que le texte ne dit pas
Rien d'autre. Il engendre, il vit, il meurt selon le refrain de *Bereshit* 5.
Aucune parole ne lui est prêtée, aucun acte. Il est un nom et un moment, et c'est le moment qui compte : celui où la lignée de Shet se met à appeler pendant que celle de Qayin bâtit, forge et chante.
Voir aussi
Sa maison : Shet son père, Chavah sa grand-mère.
Sa ligne : elle mène à Chanokh-qui-marche-avec-Elohim, Metoushelach et Noach.
Ce que son Shem touche : l'Être façonné du sol, dont il est l'autre face — le mandat d'un côté, la fragilité de l'autre.
Source
583 · אֱנוֹשׁ