La Bible ONT — מקרא הקדם

Nom propre

Parʿoh

Prononciation

Par-ʿO — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Le ' est un alef ou ayin : un petit arrêt de la glotte qui coupe la syllabe, comme dans « ah ! ah ! » prononcé nettement.

Le h final est un he, et il ne se prononce pas : c'est une lettre-support, qui porte la voyelle sans ajouter de son. On dit Par-ʿO. Ne pas l'aspirer — et ne pas le confondre avec le he initial de hineni, qui s'entend, lui.

Le Shem

Ce n'est pas un nom. C'est un bâtiment.

Tenez-vous dans la vallée du Nil, et demandez qui gouverne. On ne vous répondra pas par un nom d'homme — on vous montrera une adresse : (Parʿoh / פַּרְעֹה), de l'égyptien pr-ʿ3, la grande maison. Le palais, les murs, les cours, les greniers. On désigne le roi par l'édifice où il se tient.

L'usage est ancien et il a glissé, comme glissent les mots qui servent trop : d'abord la maison, puis celui qui l'habite, puis le titre lui-même. L'hébreu l'a reçu à ce dernier stade et l'a pris tel quel, sans le traduire — פַּרְעֹה, quatre lettres qui ne veulent rien dire en hébreu et que personne n'a essayé d'expliquer.

Et il faut mesurer ce que cela produit dans une langue où nommer est un acte. Le §3.2 le pose : qara, nommer, c'est faire entrer dans l'existence fonctionnelle. Un Shem dit ce qu'une chose est et ce qu'elle fait. Or celui-ci ne dit rien d'un homme — il dit une institution. On peut mourir ; une maison continue.

Ce que le corpus refuse de faire

Regardez qui reçoit un nom dans ces chapitres, et vous verrez que le silence est choisi.

Malki-tsedeq est nommé, et son Shem est expliqué. Kedorlaomer est nommé, et ʾAmrafel, et ʾAryokh, et Tidʿal — quatre rois de l'orient dont le récit n'avait aucun besoin de retenir les noms, et qui les portent. Beraʿ et Birshaʿ sont nommés, et leurs Shemot sont si transparents que le texte joue avec.

Le roi de Mitsrayim, jamais. Ni ici, ni au chapitre suivant, ni dans tout le récit qui viendra. De *Bereshit* 12 jusqu'à la sortie de Shemot, aucun Parʿoh du corpus ne porte de nom.

Ce n'est pas une lacune documentaire : le texte connaît des noms bien plus obscurs que celui d'un souverain de Mitsrayim. C'est un refus. Nommer, c'est donner une existence fonctionnelle propre — et le corpus ne l'accorde pas. Il laisse le roi être sa maison, et rien de plus.

D'où l'effet, quand la confrontation viendra : ce n'est pas un homme qui fait face à YHWH, c'est une institution. Un homme peut se raviser. Une maison, non — elle se tient jusqu'à ce qu'on l'abatte.

Sa première entrée dans l'ONT

Elle est brève et elle donne le ton.

ʾAvram descend en Mitsrayim parce que la famine pèse sur le pays. Il dit de Sarai qu'elle est sa sœur. Et le texte fait alors une chose précise : ce ne sont pas des passants qui la remarquent, ce sont les (sarei Parʿoh / שָׂרֵי פַרְעֹה) — les sarim de la grande maison, ses ministres, ses chefs.

L'écho est dans les consonnes, et il ne survit à aucune traduction. Sar (sar / שַׂר) est la racine même du Shem de Sarai : « ma souveraine ». Les souverains de Pharaon voient la souveraine, la louent devant lui, et elle est prise dans la maison.

Puis la maison est frappée. Les (negaʿim / נְגָעִים) tombent sur elle et sur elle seule — et l'hébreu emploie ici le mot qui reviendra pour les coups portés à ce même pays, des générations plus bas. Le premier Parʿoh du corpus subit déjà, en petit, ce que le dernier subira en grand.

Ce que la fiche porte, et ce qu'elle attend

Elle repose sur *Bereshit* 12, seule unité écrite où le titre paraît, et sur ce que le corpus fait ailleurs des noms de rois.

Tout le reste est devant : *Bereshit* 40-41 avec Yosef devant la maison, puis Shemot, où ce Shem cesse d'être un décor et devient l'adversaire. La fiche sera reprise quand ces unités seront écrites — le titre n'aura pas changé, mais ce que le corpus en dit, oui.

Voir aussi

Le pays et sa maison : Mitsrayim, dont le Shem est un duel — les deux terres, la haute et la basse.

La scène : ʾAvram qui descend, Sarai qui est prise, et la racine sar qui les relie sans que le français l'entende.

Les rois qui, eux, sont nommés : Malki-tsedeq, Kedorlaomer, ʾAmrafel, Beraʿ — la comparaison est ce qui rend le silence lisible.

Source

6547 · פַּרְעֹה