La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

ʾAdonai YHWH

Prononciation

ʾAdonai a-do-NAÏ YHWH ici, on dit ʾElohim — é-lo-HIM

Ce qu'on voit et ce qu'on dit ne coïncident pas. C'est le seul endroit du corpus où une fiche doit prévenir de cela : les quatre lettres sont là, sous les yeux, et ce qui sort de la bouche est un autre mot.

Le `ʾ` initial est un alef : le petit arrêt de gorge qu'on fait en français entre deux « ah ! ah ! ». L'accent tombe sur la dernière syllabe des deux mots — a-do-NAÏ, et non a-DO-nai.

Un scribe devant deux fois le même mot

Tibériade, vers l'an neuf cent. Un homme ajoute les points-voyelles sous un texte qu'on lit depuis mille ans sans eux. Son geste est devenu machinal : arrivé aux quatre lettres, il pose dessous les voyelles d'ʾAdonai, parce que c'est ce qu'on prononce à cette place depuis le Second Temple.

Il arrive à אֲדֹנָי יְהוה — et il s'arrête. ʾAdonai est déjà écrit, juste devant, en toutes lettres. Poser sa consigne habituelle donnerait « ʾAdonai ʾAdonai », que personne ne dit.

Il change alors d'instruction et pose les voyelles d'ʾElohim. Celui qui lira verra יְהוִה, reconnaîtra le pointage, et dira « ʾAdonai ʾElohim ».

Ce que le témoin prouve, et sans une exception

306 emplois sur 306 ont ʾAdonai adjacent

301 fois devant אֲדֹנָי יְהוִה 5 fois derrière יְהוִה אֲדֹנָי Tehilim 68, 109, 140, 141 · Havaquq 3

Ce n'est donc pas la précédence qui déclenche le changement, c'est le voisinage. Devant ou derrière, le scribe voit venir la répétition et l'évite.

Et voilà ce qu'il faut en retenir : aucun autre mot du corpus ne change de voyelles selon ce qu'il a à côté de lui. Un nom ne fait pas cela. Une consigne adressée au lecteur, si. Le pointage qu'on lit ici n'appartient pas au Nom — il appartient à la lecture du Nom.

Pourquoi ce n'est pas un second Nom

Les lexiques donnent `3069` à cette forme, quand le Nom porte `3068`. Deux numéros, et il serait tentant d'en conclure deux mots : c'est ce que l'ONT fait ailleurs, pour deveq contre davaq, ou pour les deux Moreh.

Ici, non. Les consonnes sont les mêmes, quatre sur quatre. Ce qui diffère est un appareil ajouté mille ans après la rédaction, et qui ne prétend pas noter le Nom — il note ce qu'il faut dire à sa place.

Le §2.5 ter le pose déjà : le numéro dit quel mot c'est, il ne dit pas ce qu'il veut dire. Il ne dit pas non plus qu'il y en a deux.

Là où ʾAvram l'emploie

*Bereshit* 15, deux fois — au v.2 et au v.8, la même adresse à l'ouverture et au milieu.

La scène est celle d'un homme sans enfant à qui l'on promet une descendance, et qui demande une garantie. Le titre qu'il choisit n'est pas celui de la puissance ni celui de l'ordre : c'est celui du maître de maison, ʾAdonai, celui dont on dépend et devant qui l'on peut réclamer son dû. Il ne conteste pas, il demande des comptes, et c'est ce que le titre lui permet.

Que le Nom porte là un pointage d'emprunt ne le gêne pas. Il parle ; c'est nous qui lisons.

Ce sur quoi cette fiche repose

Le texte du témoin — 306 emplois relevés dans `sources/he-wlc/` — et les deux versets de *Bereshit* 15, seule parashah écrite à ce jour qui porte la forme.

Elle sera reprise : Yehezqel l'emploie plus de deux cents fois à lui seul, et il n'est pas écrit.

Voir aussi

ʾAdonai, le titre et ce qu'il vient du mot de tous les jours. YHWH, dont la fiche porte la mesure des vocalisations et des Shemot théophores. YHWH Elohim, l'autre composé du corpus, et le précédent dont celui-ci suit la forme.

Source

136 + 3069 · אֲדֹנָי יְהוִה

Deux mots, deux numéros, comme YHWH Elohim et basar ʾechad : c'est un composé, non un lemme.