La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

deveq

Formes : deveq, devaqim

Prononciation

DE-veq — deux syllabes, et l'accent tombe sur la première. C'est l'une des exceptions que le §2.12 annonce : la règle générale porte l'accent au bout du mot, et ce mot-ci ne la suit pas.

Il appartient à une famille que l'hébreu écrit avec deux fois le même signe de voyelle — דֶּבֶק, deux segols —, et toute cette famille porte l'accent en avant. Le pluriel, lui, le rend au bout : de-va-QIM (דְּבָקִים). Un seul mot, deux accents selon le nombre.

Le `q` est un qof : un `k` formé tout au fond, contre la luette, là où le `k` français ne descend jamais. Faute probable : le lire comme le « qu » de « quai », qui se fait à l'avant de la bouche.

Le `v` est un vet, le bet privé de son point. La fiche de davaq explique pourquoi cette lettre-là s'écrit tantôt `v` et tantôt `b` selon sa place dans le mot.

La chose, avant le mot

Entre dans l'atelier d'un armurier.

Sur l'établi il y a des feuilles de bronze, du cuir tanné, une alêne et du fil. La commande est pour un homme qui devra bander un arc, se retourner sur son char et lever le bras au-dessus de sa tête.

Il pourrait la faire d'une seule pièce. Un homme dans une seule pièce de bronze ne se retourne pas.

Alors il découpe des centaines de petites plaques et les coud sur le cuir en les faisant se recouvrir, comme les écailles d'un poisson. À chaque recouvrement il décide de combien la plaque du dessus mord sur celle du dessous. Trop : l'armure durcit, et l'homme sera épuisé avant le soir. Trop peu : la plaque se soulève dès que le bras monte.

Toute sa journée est dans cette décision-là. Et la chose qu'il décide porte un nom.

> Un deveq n'est pas un défaut de l'armure. C'est ce qui en fait une > armure. Une plaque pleine protège parfaitement un homme qui ne bouge pas.

Ce que le mot dit

deveq (דֶּבֶק) : l'endroit où deux choses sont tenues ensemble.

Le nom sort du verbe davaq, tenir contre. Et il faut garder la différence, parce que le français n'a pas deux mots pour la porter : le verbe dit que ça tient, le nom dit où.

Trois occurrences, deux ateliers

Le témoin ne donne ce nom que trois fois, et deux d'entre elles sont le même verset raconté deux fois — la mort d'un roi, reprise plus tard par un autre livre (1 Rois 22:34 ; 2 Chroniques 18:33). Il reste donc, en tout et pour tout, deux emplois.

L'un est au pluriel : les devaqim d'une cuirasse, là où une flèche tirée sans viser trouve le roi d'Israel.

> בֵּין הַדְּבָקִים וּבֵין הַשִּׁרְיָן

L'autre est au singulier : la soudure d'un fondeur, qu'il regarde et qu'il déclare tov (ladeveq / לַדֶּבֶק, *Ésaïe* 41:7).

Et le nombre n'est pas un accident. Une cuirasse a des centaines de jonctions pour une seule fonction ; une pièce coulée en a une. Le mot suit la chose.

Ce que la soudure oblige à préciser

Le fondeur, lui, a mis quelque chose entre les deux morceaux : de l'étain. Sa jonction est une matière, quand celle de l'armurier n'est qu'un recouvrement.

L'hébreu emploie pourtant le même mot pour les deux. Il faut donc dire avec précision ce que ce mot nomme, et ce qu'il ne nomme pas. Il ne nomme pas l'étain. Il nomme la jonction, que l'étain se trouve la faire ou non : l'étain est ce par quoi ça tient, le deveq est le fait que ça tienne, à un endroit.

C'est pourquoi « la colle » manquerait le mot de part en part. La colle est un produit : elle existe dans son pot, avant qu'on s'en serve, et on peut la montrer du doigt. On ne peut pas montrer du doigt un deveq qu'on aurait mis de côté — il n'y en a que là où deux choses sont déjà l'une contre l'autre.

On ne le nomme que lorsqu'on l'éprouve

Pose les deux emplois côte à côte, et regarde ce que quelqu'un y fait.

Dans le premier, une flèche trouve le joint : un homme apprend où était la jonction en la traversant. Dans le second, un artisan juge la sienne, et la déclare bonne avant de clouer la pièce pour qu'elle ne branle plus.

Ni l'un ni l'autre n'est une description tranquille. Un joint qui fait son travail ne se voit pas : on voit l'armure, on voit la statue. Le mot ne paraît dans le corpus qu'aux deux endroits où quelqu'un met une jonction à l'épreuve.

Voir aussi

davaq, le verbe dont il sort, et où l'on voit ce que « tenir contre » veut dire quand il n'y a plus de bronze en jeu. La chuqqah des deux kelim et du seuil, qui part de ces deux mêmes ateliers pour en tirer autre chose.

Formes

deveq · devaqim · hadevaqim

Source

1694 · דֶּבֶק