La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

qomah

קוֹמָה

Prononciation

qo-MAH — deux syllabes, accent sur la seconde, qui est la règle générale (§2.12).

Le q note le qof, et c'est le seul geste du mot que le français ne fasse jamais. Ce n'est pas le k de « quai », qui se forme au milieu de la bouche : le qof se ferme tout au fond, contre la luette, puis se relâche. Recule ton k aussi loin que tu peux aller, presque dans la gorge. La faute probable est de lire qo- comme « co- » — un k ordinaire, poli, français.

Le o est celui de « pot », jamais celui de « bon » : aucune voyelle n'est nasale en hébreu.

Le h final est un he, lettre-support sans son. On dit qo-MA.

La scène

Entre dans l'atelier du Mishkan, au moment où l'on prend les mesures.

L'artisan a devant lui une caisse d'acacia. On lui dicte trois nombres, et toujours dans le même ordre : deux coudées et demie sa longueur, une coudée et demie sa largeur, une coudée et demie sa qomah.

Le sol, le sol, puis la verticale. Deux mesures pour l'emprise au sol, une pour ce que la chose atteint en se dressant.

C'est ainsi qu'on mesure l'arche, la table, l'autel de l'ʿolah, l'autel de l'encens, la cour, la tenture. Puis, des siècles plus tard, le Bayit de Shlomo, ses colonnes, ses bases, la mer de bronze. Trente-deux des quarante-cinq emplois du mot sont ce troisième nombre-là, dicté après les deux autres.

Et avant tout cela, une caisse qui flotte : trois cents coudées la longueur de la tevah, cinquante coudées sa largeur, trente coudées sa qomah. Noach reçoit ses dimensions dans l'ordre exact où Betsalel recevra les siennes.

Ce que le mot dit

Qomah (qomah / קוֹמָה) vient de qum — se lever, tenir debout, prendre position. C'est la racine du relèvement, et celle de maqom, le lieu qui maintient debout ce qui s'y trouve.

Le mot ne dit donc pas « la hauteur » comme une coordonnée. Il dit ce qu'une chose atteint parce qu'elle se tient. Une mesure prise depuis le sol où l'on pose les pieds, vers le haut, par un corps qui a un dessus parce qu'il a un dessous.

D'où sa nature : la qomah est une dimension, jamais une qualité. Elle se compte en coudées. Elle appartient au vocabulaire de ceux qui bâtissent — et c'est pourquoi l'arche, le Mishkan et le Temple l'emploient tous les trois, avec les mêmes mots dans le même ordre.

Ce qui se tient debout, et ce qui tombe

Le mot sert aussi pour les vivants, et là il devient tranchant.

Shemuel arrive chez Yishai pour désigner un roi. Le fils aîné entre — grand, bâti, évident. Shemuel le regarde et pense : c'est lui. Et YHWH l'arrête : ne regarde pas son apparence, ni la hauteur de sa qomah, car je l'ai rejeté. L'homme voit aux yeux, YHWH voit au lev.

Le livre emploie ce mot une seconde fois, et c'est sur Shaul. À Eyn-Dor, la nuit, quand tout est fini pour lui : il se hâte, et il tombe de toute la plénitude de sa qomah vers la terre. L'hébreu dit le plein de sa qomah — toute cette hauteur-là, d'un coup, à plat.

Le livre de Shemuel ne dit donc ce mot que deux fois : une fois pour refuser un homme à cause d'elle, une fois pour l'étendre par terre. Le corpus ne commente ni l'une ni l'autre.

Et *Yeshayahu* 10 achève le motif sans nommer personne : les hauts de qomah sont abattus.

Une distinction qu'il faut poser exactement

On oppose volontiers qomah à govah, en disant que l'une serait la hauteur de ce qui s'est levé et l'autre celle de ce qui est haut sans s'être levé — une montagne aurait un govah, un homme une qomah.

Le témoin ne soutient pas ce partage, et il vaut mieux le dire que le répéter.

Golyat est un homme, et le texte écrit son govah : six coudées et un empan. L'Emori d'*Amos* 2 est un peuple, et son govah était comme le govah des cèdres. Le cèdre d'*Yehezqel* 31 et la vigne d'*Yehezqel* 19 portent les deux mots dans le même verset. *Yeshayahu* 10 les met en parallèle poétique, ce qui est la façon hébraïque de dire qu'ils se répondent. Et le porche du Temple, chez Divrei Hayamim, reçoit sa troisième mesure en govah là où le Mishkan la recevait en qomah.

Pis encore pour le partage : en *Shemuel* 16:7, l'un qualifie l'autre. Le texte dit gevoah de sa qomah — l'adjectif de la première famille portant sur le nom de la seconde. Si un homme ne pouvait pas avoir de govah, la phrase serait impossible.

Les deux mots se recouvrent donc presque entièrement sur tout ce qui se mesure. Là où ils se séparent est ailleurs, et c'est net :

Govah passe au lev. Le corpus écrit le govah du lev de Chizqiyahu, le govah de la ruach avant la chute, le govah du nez de celui qui ne cherche pas, et il empile chez Moav le govah, l'orgueil et l'élévation du lev.

Qomah ne le fait jamais. Quarante-cinq emplois, aucun où elle soit un défaut. Quand le cèdre d'Yehezqel est repris, ce n'est pas sa qomah qui est coupable : le texte dit tu t'es élevé — le verbe de l'autre famille — dans ta qomah. La qomah est la mesure où l'élévation a lieu, elle n'est pas l'élévation.

Voilà le vrai partage, et il est plus utile que l'autre : qomah est ce qu'on mesure, govah est ce qui peut monter à la tête. La fiche de govah tient l'autre bout de cette distinction.

Ce sur quoi cette fiche repose

Les quarante-cinq emplois relevés au témoin `sources/he-wlc`, et les familles de govah, gavoah et gavah relevées avec eux pour éprouver la distinction.

Le locus du mot est *Shemot* 25-31, les kelim du Mishkan, qui n'est pas écrit. La fiche sera reprise quand il le sera — et de nouveau quand Shemuel le sera, car c'est là que la qomah cesse d'être une mesure pour devenir une question.

Formes

qomah · qomato · qomatah · qomatam · qomatekh · qomat · be-qomah · ha-qomah

Source

6967 · קוֹמָה