La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

qadash

קָדַשׁ

consacrer

Formes : qadash, vayeqadesh

Prononciation

qa-DASH — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Le q est un qof : un k produit tout au fond, contre la luette.

Le sh est un shin : c'est le « ch » de « chat » — dans l'ONT, c'est sh qui porte ce son, jamais ch.

Un potier a deux jarres identiques sur son étagère. Il en prend une, il la met de côté et il dit : celle-ci ne servira plus à l'eau. Rien n'a changé dans l'argile. Ce qui a changé, c'est ce à quoi elle est disponible.

C'est tout le verbe. Qadash (Qadash / קָדַשׁ) veut dire mettre à part pour un office — retirer de l'usage ordinaire, réserver. La racine dit la séparation, et le geste est le même que celui de badal au premier chapitre, appliqué non plus au cosmos mais à ce qu'on assigne au domaine d'en haut.

D'où le contresens de « sanctifier », qui suggère une amélioration morale : rendre pur, rendre saint, améliorer la qualité intérieure d'une chose ou d'un homme. Rien n'est amélioré. Rien n'est purifié. Rien n'est qodesh par nature — tout l'est par assignation, et la même jarre, sortie de sa réserve, redevient une jarre.

Ce qui rend saisissant le premier emploi du corpus. Ce qui est mis à part avant tout autre chose n'est ni un objet, ni un lieu, ni un homme : c'est un jour. ʾElohim barakh le septième et le qadash. On retire du temps de la circulation ordinaire — ce qui est infiniment plus difficile que de retirer un ustensile, puisque le temps ne se range pas sur une étagère.

Suit tout un vocabulaire qui devient lisible d'un coup. Le qodesh est l'état de ce qui a été mis à part ; qadosh le qualifie ; le Kohen tient l'interface entre ce domaine et l'usage ordinaire ; le tahor est l'état qui permet le contact. Une seule opération, déclinée du septième jour jusqu'au seuil du sanctuaire.

Et c'est la même racine qui donne la Ruach ha-Qodesh — la Ruach en tant qu'elle met à part.

Source

6942 · קָדַשׁ