La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

qadosh

קָדוֹשׁ

consacré

Prononciation

qa-DOSH — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Le q est un qof : un k produit tout au fond, contre la luette.

Le sh est un shin : c'est le « ch » de « chat » — dans l'ONT, c'est sh qui porte ce son, jamais ch.

La forme adjectivale de ce que le qodesh nomme : ce qui a été mis à part pour un office. Un ustensile, un jour, un lieu, un homme — le mot dit toujours la même chose, et jamais une qualité intrinsèque.

Il faut y insister parce que le mot français rend l'inverse. « Saint » désigne chez nous quelqu'un de moralement supérieur : on est saint par ce qu'on est devenu, par vertu accumulée, et l'Église en dresse des listes. Rien de tel ici. Est qadosh (qadosh / קָדוֹשׁ) ce qui a été retiré de l'usage ordinaire — ni meilleur, ni plus pur : assigné ailleurs.

Ce qui explique que le corpus applique le mot à des choses qui n'ont pas de vertu du tout. Des pinces, des bassines, de l'huile, un morceau de terrain, un jour de la semaine. Une pince qadosh n'est pas une pince exemplaire : c'est une pince qui ne sert plus à autre chose.

Et cela éclaire l'exigence adressée à un peuple : soyez qadosh, car je suis qadosh. On la lit comme un appel à la perfection morale, ce qui la rend écrasante et un peu vaine. Elle dit autre chose, de plus concret : tenez-vous à part, comme moi je le suis — ne soyez pas disponibles à tout, ne fonctionnez pas comme fonctionnent les nations autour. L'exigence porte sur une appartenance et un usage, pas sur un degré de mérite.

Le mot est aussi l'un des rares que le corpus applique à YHWH lui-même. Il ne dit pas alors qu'il serait très vertueux — il dit qu'il est d'un autre ordre, non disponible, non manipulable, séparé de tout ce à quoi on voudrait le rabattre.

Le verbe qadash est l'opération, le qodesh est l'état, qadosh est ce qui le qualifie. Trois formes d'un seul geste : mettre à part.

Source

6918 · קָדוֹשׁ