Intraduisible
yatsar
יָצַר
façonner
Prononciation
ya-TSAR — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).
Le ts est un tsade : d'un seul geste, comme dans « tsar ».
Un potier à son tour. Il prend la motte, il la centre, il l'ouvre avec les pouces, il monte les parois. Ses mains sont dans la matière du début à la fin, et ce qu'il obtient dépend de ce qu'il a senti sous ses doigts. Le verbe pour ce travail est yatsar (yatsar / יָצַר).
Le corpus l'emploie pour l'artisan, et il l'emploie pour ce que YHWH ʾElohim fait de l'adam. Ce n'est pas une image pieuse : c'est le même mot, avec la même matière nommée — la poussière du sol.
Ce qui fait toute la distance avec le chapitre précédent. Là, ʾElohim ʾamar et cela est ; il ordonne un monde depuis une souveraineté sans visage, sans jamais toucher quoi que ce soit. Ici, il se met à genoux dans la terre. Il pétrit. Il approche son visage. Il souffle dans des narines. Le même, dans une tout autre proximité — et le texte accole alors les deux noms, YHWH ʾElohim, pour qu'on ne croie pas à deux dieux.
Le verbe suppose toujours une matière première, et c'est ce qui l'oppose exactement à baraʾ, dont le corpus ne dit jamais avec quoi. On yatsar de quelque chose. On baraʾ sans que la question se pose.
Il faut aussi le tenir à distance de banah, le verbe de l'architecte, employé pour la ʾIshah. On ne pétrit pas une structure : on l'édifie. Trois verbes, trois gestes, et le texte choisit à chaque fois — l'adam est modelé, la ʾIshah est bâtie, et les deux sont baraʾ en tant qu'ils entrent dans l'ordre.
Le mot reviendra chez les neviʾim avec toute sa charge : un peuple entre les mains de celui qui l'a yatsar, comme l'argile dans la main du potier — qui peut reprendre ce qui rate et remonter la pièce. L'image n'est pas une menace. Elle dit que rien n'est fini tant que la main est là.
Formes
vayitser · yatsar
Source
3335 · יָצַר