La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

tov varaʿ

Formes : tov varaʿ, Tov varaʿ

Prononciation

tov va-RA — trois syllabes, l'accent sur la dernière, comme presque toujours (§2.12).

Le `v` de va- est la conjonction « et », et il se dit comme en français. Toute la difficulté est à la fin.

Ce `ʿ` n'est pas une lettre qu'on ajoute après le `a` : c'est le ayin, et il se fait tout au fond de la gorge. Serre le pharynx comme pour souffler sur une vitre — mais laisse les cordes vibrer. Le mot ne s'arrête pas net sur sa voyelle : il se ferme sur un son plein, un peu étranglé.

La faute probable est de ne rien faire — dire « va-RA » et s'arrêter là.

L'arbre

Un jardin clos, et un arbre au milieu. Le corpus ne dit ni son espèce ni son fruit : il le nomme par ce qu'on obtient en y touchant — l'arbre de la daʿat de ce qui est tov et de ce qui est raʿ (ʿetz hadaʿat tov varaʿ / עֵץ הַדַּעַת טוֹב וָרָע).

Tiens d'abord les deux mots séparément, sinon la suite ne se voit pas. tov est un verdict d'atelier : la lame coupe, la chose fait ce pour quoi elle est. raʿ est le même verdict en creux : la lame ne coupe plus. Ni l'un ni l'autre ne parle de conduite. Ce sont deux constats d'ajustement, comme on dit d'un mur qu'il est d'aplomb ou de travers.

Les accoler n'en fait pas une liste de deux choses à apprendre. L'hébreu dit souvent une totalité en nommant ses deux bouts — « les Cieux et la Terre » ne compte pas deux régions, il dit le cosmos entier (§4.5). Le couple fonctionne ainsi : il ne désigne pas deux catégories, il désigne tout l'écart entre ce qui est ajusté et ce qui ne l'est pas, c'est-à-dire tout ce sur quoi un verdict peut se prononcer.

L'arbre n'offre donc pas un contenu de plus. Il offre une place.

Et c'est la daʿat qui le dit, pour qui l'entend. Connaître, en hébreu, c'est connaître du dedans : le même verbe dit l'union conjugale. Or l'adam avait déjà cette daʿat — c'est depuis elle qu'il nommait les vivants, debout à l'intérieur d'un ordre dont il tenait sa part. Ce que l'arbre propose n'est pas d'en savoir davantage : c'est de connaître le même monde depuis au-dessus de lui. Prononcer le verdict au lieu de le recevoir. Non pas devenir capable de faute — devenir juge.

Ce que le témoin avait déjà séparé

La graphie ne montre rien : le mot s'écrit pareil des deux côtés, et le manuscrit non plus ne les sépare pas. La coupure vient des lexicographes, qui ont rangé ces emplois sous deux entrées — et l'étiquetage du témoin la porte. C'est un partage de lecture, non une distinction du texte ; il vaut ce que vaut sa raison, et sa raison tombe exactement là où on l'attend.

D'un côté, les sept tov du premier chapitre. ʾElohim examine, et prononce : le mot y est ce qu'on dit d'une chose, et la série s'achève par le tov meʾod posé sur l'ensemble.

De l'autre — et c'est cette entrée-là que porte l'arbre — le tov qu'on cherche, qu'on fait, qu'on choisit, qu'on discerne d'avec le raʿ. Un roi demandera un cœur qui écoute pour discerner entre les deux ; un naviʾ criera de chercher le tov et de haïr le raʿ ; un autre dénoncera ceux qui disent au raʿ : tov. Le mot y est devenu une chose qu'on peut viser, tenir, manquer.

L'arbre est de ce second côté. Avant même qu'on ait touché au fruit, le tov y a cessé d'être un verdict pour devenir un objet — et c'est très exactement ce que le fruit promet : non pas voir davantage, mais avoir de quoi juger.

La sortie du Jardin ne dément rien. YHWH ʾElohim ne dit pas que le serpent avait menti : il constate que l'adam est devenu comme l'un de nous, pour connaître tov varaʿ — et c'est l'arbre de la Vie qu'il met hors d'atteinte. La place a bel et bien été prise. Ce qui est refusé, c'est de la tenir sans fin.

Formes

tov varaʿ · Tov varaʿ

Source

2896 b + 7451 b · טוֹב וָרָע

Dans le corpus

1 occurrence