La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

yadaʿ

יָדַע

connaître

Prononciation

YA-DA — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Pas d'apostrophe finale : le ayin y est quiescent (§2.9).

Ce que le mot dit

Yada (יָדַע) est le verbe du connaître par participation. Il donne la daʿat, et il en porte toute la charge.

Le français a un seul verbe pour deux gestes que l'hébreu sépare. Savoir qu'une chose est — un regard posé du dehors, une information reçue. Et être à l'intérieur de ce qu'on connaît. Yada ne dit jamais le premier.

Le verset qui met tout le monde mal à l'aise

*Genèse* 4:1 : l'ʾadam yada sa ʾishah, et elle conçut.

Les traducteurs y ont vu une pudeur — un euphémisme pour ne pas dire l'acte. C'est l'inverse. Le mot n'adoucit rien : il dit exactement ce qu'il veut dire.

Ce qui se passe là est un connaître, et c'en est même le cas exemplaire : deux êtres qui ne s'observent pas mais qui entrent l'un dans la réalité de l'autre. Si le français y entend une gêne, c'est parce que sa notion de connaissance a été vidée de toute participation.

Ce que ça change à l'arbre

Etz hada'at tov vara — l'arbre du connaître tov et raʿ.

Si yada était « savoir », l'arbre offrirait une information : apprendre ce qui est bon et ce qui est mauvais. Mais alors la faute serait de s'instruire, ce qui n'a aucun sens dans ce corpus.

Il offre autre chose. Une modalité, pas un contenu : décider soi-même de l'ajustement des choses, depuis le dehors, au lieu d'y participer. Ce n'est pas la connaissance qui est en jeu — c'est la place d'où l'on connaît.

Ce sur quoi cette fiche repose

*Genèse* 4:1 et 2:9 ; l'entrée daʿat du §3.2, qui donne le nom formé sur cette racine.

Formes

yada · vayeda · nedaʿ · yodeʿa · lada'at · ladaʿat

Source

3045 · יָדַע