La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

Sheʾol

שְׁאוֹל

Sheʾol

Prononciation

She-ʾOL — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Le sh est un shin : c'est le « ch » de « chat » — dans l'ONT, c'est sh qui porte ce son, jamais ch.

Le ' est un alef ou ayin : un petit arrêt de la glotte qui coupe la syllabe, comme dans « ah ! ah ! » prononcé nettement.

On descend. C'est le premier mot à retenir : dans cette langue, on ne « va » pas chez les morts, on descend — et le lieu où l'on descend s'appelle Sheʾol (Sheʾol / שְׁאוֹל).

Il est sous la Terre, comme les eaux d'en bas. On y est couché. On s'y tait. Le corpus le décrit par des privations plutôt que par des tourments : là, on ne loue plus, on ne se souvient plus, on ne fait plus rien. Ce n'est pas un lieu de peine — c'est un lieu d'arrêt.

Voilà pourquoi « l'enfer » est un contresens qui empêche de lire. Notre enfer est un lieu de châtiment, réservé à certains, opposé à un paradis réservé aux autres ; c'est un tri, et il vient d'un long travail grec puis chrétien. Le Sheʾol ne trie personne. Le tsadiq y descend comme le rashaʿ. Yaakov dit qu'il descendra au Sheʾol en pleurant son fils, et il n'imagine pas une seconde qu'il y soit puni.

« Le séjour des morts » est plus honnête et reste faible : cela sonne comme une adresse, un endroit où l'on réside. L'hébreu dit quelque chose de plus nu — le bas, le silence, l'attente.

Ce qui donne son poids à la manière dont le corpus parle de la vie. Puisque rien de bon n'est attendu en bas, tout se joue ici : la descendance, la terre, le Shem qu'on laisse, la berith qui court plus loin que soi. Quand Avram s'inquiète de n'avoir pas d'héritier, ce n'est pas une inquiétude sentimentale — c'est que sans fils, tout s'arrête, et il n'y a pas d'ailleurs pour continuer.

Le mot garde son apostrophe dans le corpus, comme la translittération : l'alef s'entend.

Source

7585 · שְׁאוֹל

Dans le corpus

9 occurrences