La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

melakhah

מְלַאכָה

œuvre architecturale

Prononciation

me-la-KHAH — trois syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Le kh est un khaf : frottement contre le palais mou — le ch de l'allemand Bach. Ni un k, ni un « ch » de « chat ».

Le mot qui désigne ce dont ʾElohim cesse au septième jour : toute sa melakhah (melakhah / מְלַאכָה), l'ouvrage qu'il avait fait. Et c'est un mot précis, qu'il ne faut pas traduire par « travail » tout court.

Melakhah est le travail qualifié — celui du métier, de la conception, de l'exécution réfléchie. Pas la peine, pas l'effort brut, pas ce qu'on fait à la sueur de son front. Un artisan a une melakhah ; un homme qui porte des pierres n'en a pas.

Or c'est le même mot qui reviendra pour la construction du Tabernacle. Toute la melakhah du sanctuaire — les tentures, l'or battu, les chérubins, la lampe d'une seule pièce — et ceux qui l'accomplissent sont remplis de chokhmah, de binah et de daʿat pour cela.

Rapproche les deux emplois et le récit se lit d'un coup. Ce dont ʾElohim cesse au septième jour, c'est l'ouvrage d'un architecte qui vient d'achever un sanctuaire. Non pas une production, non pas un labeur : une œuvre de métier, menée à son terme, dans laquelle on va maintenant résider. Le cosmos et le Tabernacle sont décrits avec le même vocabulaire, et le corpus ne prend jamais la peine de le souligner — il compte sur le lecteur pour l'entendre.

Ce qui donne aussi son sens à ce dont on cesse chaque septième jour. L'interdiction ne porte pas sur la fatigue ni sur l'utile : elle porte sur la melakhah. On ne s'abstient pas de se dépenser — on s'abstient de faire œuvre. Ce qui est infiniment plus exigeant, et infiniment plus clair.

La racine est celle de malʾakh, l'envoyé — ce qui est confié, la mission. Une melakhah est un ouvrage qu'on a reçu à faire.

Source

4399 · מְלָאכָה