La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

mashal

מָשַׁל

gouverner

Prononciation

ma-SHAL — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Le sh est un shin : c'est le « ch » de « chat » — dans l'ONT, c'est sh qui porte ce son, jamais ch.

Au quatrième jour, les luminaires sont installés — et le texte dit pourquoi : pour mashal (mashal / מָשַׁל) sur le jour et sur la nuit, et pour séparer la lumière de l'obscurité. Le verbe désigne une gouvernance exercée sur un domaine.

Il faut mesurer ce que cette phrase fait, dans le monde où elle est écrite. Le soleil et la lune sont des dieux majeurs, partout autour — on leur bâtit des temples, on date les règnes par eux, on les consulte. Le texte hébreu ne les nomme même pas : il dit le grand luminaire et le petit luminaire, comme on dirait la grande lampe et la petite. Et il leur assigne un travail — des horloges, chargées de marquer les moadim, les rendez-vous.

Ce sont donc des fonctionnaires. Ils mashal parce qu'on leur a délégué un domaine, exactement comme l'homme radah sur le vivant : une autorité reçue, bornée, et qui rend compte.

Le même verbe reparaît alors dans une phrase beaucoup plus sombre, et c'est le même sens qui la porte. YHWH dit à Qayin que la chattat est tapie à sa porte, qu'elle le désire — et que lui doit la mashal. Non pas résister à une tentation, non pas être vertueux : gouverner son domaine. Ce qui est couché à l'entrée relève de sa charge, comme la nuit relève de la lune.

C'est aussi ce verbe qu'entend Chavah dans ce qui lui est dit après la fracture : l'ʾIsh mashal sur elle. Le mot est le même que pour les luminaires et pour Qayin — une gouvernance. Le texte constate ce qui vient de se défaire dans le vis-à-vis : ce qui était kenegdo, en face, devient un rapport de domaine.

Un mot voisin, mashal avec une autre vocalisation, donne le proverbe — la parole qui gouverne une situation en la nommant juste. La langue n'y voit pas deux racines distinctes par hasard.

Source

4910 · מָשַׁל