La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

ʿarel

עָרֵל

ʿarel

Prononciation

a-REL — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Celui dont l'ʿorlah n'a pas été retirée. Le mot ne décrit pas un défaut ni une souillure : il décrit un état — encore couvert, pas encore ouvert.

Il faut y résister à notre première lecture, qui en ferait aussitôt une frontière entre les peuples : d'un côté ceux qui portent le signe, de l'autre les étrangers. Le corpus fait précisément l'inverse, et c'est ce qui rend le mot intéressant.

Car il l'emploie contre les siens. Les neviʾim parlent d'hommes arel (ʿarel / עָרֵל) du cœur : des gens qui portent le signe dans la chair, qui sont de la lignée, qui font ce qu'il faut faire — et dont le cœur est resté fermé. Le reproche ne vise pas les nations, il vise ceux qui se croyaient couverts par leur appartenance.

Mosheh s'en sert même pour lui-même. Envoyé parler devant Pharaon, il objecte qu'il est arel des lèvres : sa parole ne s'ouvre pas, elle reste prise. Ce n'est pas un aveu de faute, c'est un constat d'empêchement.

Ce qui montre la vraie logique du mot. Ce qui est arel n'est ni mauvais ni impur : c'est entier et indisponible, comme un fruit qui est là sur la branche et qu'on ne peut pas encore cueillir. Le retrait de l'ʿorlah est donc une ouverture — ce qui était fermé devient utilisable pour ce à quoi il est destiné : la chair pour la descendance, le cœur pour l'écoute, les lèvres pour la parole.

Et cela explique pourquoi la milah du cœur peut être demandée à des hommes déjà marqués dans la chair. Si le geste n'était qu'une coupe identitaire, la demande serait absurde. Comme c'est une ouverture, elle a un sens partout.

Source

6189 · עָרֵל

Dans le corpus

2 occurrences