Nom propre
Sinai
Prononciation
Si-na-I — trois syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).
Une montagne, et ce qui s'y est passé qui ne s'était jamais passé
Un peuple sort d'un pays où il était esclave. Trois mois plus tard il campe devant une montagne dans le désert, et là il est convoqué.
Le mot compte, et c'est presque tout ce qu'il faut retenir de ce lieu. Le corpus appelle ce moment le jour du qahal (qahal / קָהָל) — l'assemblée convoquée par une autorité, non la réunion qu'on décide d'aller voir. On ne vient pas au Sinai. On y est appelé.
La montagne porte, le peuple se tient au pied
Voilà la disposition, et il faut la voir avant de comprendre ce qui la renversera : YHWH descend sur la montagne. Le peuple est en bas. Une limite est tracée autour du pied, et il est dit que quiconque la franchit mourra — non par sévérité, mais parce qu'un contact non médiatisé entre des réalités de densité si différente détruit la moins dense.
La montagne n'est donc pas un décor. Elle est l'organe de la rencontre : ce qui reçoit la présence, et ce qui tient le peuple à la distance où il peut survivre.
Le renversement, et c'est là que ce lieu devient important
Le corpus emploie le même mot — qahal — pour le rassemblement d'après. Et la disposition, cette fois, est inversée : la présence ne descend plus sur une montagne devant laquelle un peuple se tient. Elle habite le rassemblement lui-même.
Autrement dit : le peuple est devenu la montagne.
C'est ce que le mot du Sinai permet de mesurer. Sans lui, on ne verrait qu'une nouveauté ; avec lui, on voit ce qui a bougé — non pas qui est présent, mais où.
Ce que la fiche porte, et ce qui reste à venir
Elle repose sur ce que le corpus dit de ce lieu depuis ailleurs. *Shemot* 19-20 n'est pas écrit, et les Dix Paroles relèvent du §7. Cette fiche sera reprise quand la montagne sera racontée pour elle-même — ce qu'elle porte aujourd'hui n'est que ce qui a déjà servi à comprendre autre chose.
Voir aussi
Mosheh, qui y monte. ʿolam, pour ce que la nuée cache. kavod, pour ce qui pèse sur la montagne. Et la chuqqah des quatre modes de présence, où ce lieu sert de mesure au dernier.