La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

tevilah

טְבִילָה

tevilah

Prononciation

te-vi-LA — trois syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Le h final est un he, et il ne se prononce pas : c'est une lettre-support, qui porte la voyelle sans ajouter de son. On dit te-vi-LA. Ne pas l'aspirer — et ne pas le confondre avec le he initial de hineni, qui s'entend, lui.

On descend dans l'eau. On disparaît entièrement — la racine taval veut dire plonger, immerger, être recouvert. Puis on remonte. Le geste dure quelques secondes et il n'a rien de compliqué : c'est le corps qui fait ce que la teshuvah demande.

Car la teshuvah est un demi-tour : on allait dans un sens, on revient. Elle se voit à la trajectoire d'une vie, sur des mois. La tevilah (tevilah / טְבִילָה) la rend visible d'un coup, dans un bassin — on entre d'un côté, on ressort de l'autre, et l'on est passé par un point où l'on n'était plus visible.

Rien de magique ni de purificateur au sens où nous l'entendons. C'est un passage, et le corpus en est plein : les eaux du mabbul dont un monde ressort, la mer qu'un peuple traverse à pied sec, le Yarden qu'il faut franchir pour entrer dans la terre. Chaque fois, on entre dans l'eau d'un côté et l'on en sort autre — non parce que l'eau a lavé quelque chose, mais parce qu'on a traversé.

Voilà pourquoi « baptême » ne convient pas. Le mot est grec, et il désigne dans l'usage chrétien un rite d'initiation qui fait entrer dans une communauté, souvent une fois pour toutes, souvent sur un enfant. La tevilah du Second Temple est autre chose : un geste répété, que l'on fait quand il faut — avant de monter au Temple, après un état qui ne permettait pas le contact, quand on revient. Des bassins taillés dans la roche, les mikvaot, sont partout dans les maisons de cette époque.

C'est dans ce monde-là qu'il faut entendre l'immersion que Yohanan pratique au Yarden, et que les textes disent faite pour la teshuvah. Ce n'est pas l'invention d'un rite nouveau : c'est un geste que tout le monde connaît, appliqué à un demi-tour qu'on demande à tout un peuple.

Source

— · טְבִילָה

Le témoin porte le verbe — taval (2881), seize emplois, tremper et plonger — et aucun nom. טְבִילָה est du Second Temple : c'est le mot du mikveh, non celui du corpus.

Racine : 2881 · taval. Le tiret n'est pas un oubli : le témoin ne porte pas ce nom, et la fiche le déclare plutôt que de se taire.

Dans le corpus

2 occurrences