La Bible ONT — מקרא הקדם

Nom propre

Gur

Prononciation

GOUR — une syllabe.

Le u se dit « ou », comme dans « loup » — jamais le u français de « lune ».

Le fleuve où l'on jette ce qui ne remonte pas

Trois dieux se sont brisés en tombant d'un âne. Les marchands ont payé les morceaux au même prix que les entiers — pour eux c'est de la matière, et la matière garde son cours.

Reste à l'enfant à s'en débarrasser. Il les jette dans les eaux du Gur, qui coule à cet endroit. Le récit prend trois formules pour dire la même chose : ils s'enfoncèrent dans la profondeur, et il n'y eut plus rien d'eux.

Pourquoi cette insistance

Parce que c'est un argument, et qu'il servira quelques versets plus loin. Quand ʾAvraham récapitule ce qu'il a vu, il compte : Merumath est tombé et n'a pas pu se relever ; les cinq autres n'ont pu ni se secourir ni faire de mal à l'âne qui les a brisés ; et leurs morceaux ne sont pas remontés du fleuve.

Quatre constats de charge non tenue. Ce qu'on jette à l'eau ne remonte pas est le dernier, et le fleuve n'est là que pour le rendre vérifiable.

Un témoin dit autre chose, et ça éclaire

Là où l'édition retenue porte le Gur, un autre manuscrit fait jeter les morceaux dans la mer Salée. Ce n'est pas anodin : c'est là que le droit rabbinique prescrira plus tard de noyer une idole, précisément parce qu'elle n'en peut plus ressortir.

Un copiste a donc reconnu le geste et l'a ramené vers la règle qu'il connaissait. C'est le genre de retouche que l'apparat critique permet de voir — et qu'on signale au lieu de choisir en silence (§4.11).

Ce que la fiche porte, et ce qui reste à venir

Elle repose sur le chapitre II du Chazon Avraham et sur l'apparat de ses deux éditions. Aucun Shem hébreu n'est proposé : la forme ne nous vient que du slavon, et le fleuve n'est identifié à aucun cours d'eau connu.

Voir aussi

Fandana, d'où viennent les marchands. Merumath, celui qui n'est pas tombé à l'eau et qui n'a pas mieux tenu.