Intraduisible
gan
גַּן
Jardin
Prononciation
GAN — une syllabe. Le g est toujours dur, comme dans « gare ».
La voyelle n'est pas nasale : on dit ga-n, jamais « gan » comme dans « banc ».
Ce que le mot dit
Gan (גַּן) vient de גָּנַן — protéger, entourer, couvrir. Un gan est d'abord un espace clos, délimité, gardé.
Ce n'est donc pas « la nature ». C'est le contraire d'un espace ouvert : quelque chose a été enclos, séparé du reste, et confié à quelqu'un.
Ce que l'enclos implique
Trois choses, et chacune se voit dans le récit.
Il a une limite. Un gan a des bords, donc un dedans et un dehors. On peut en être chassé, ce qui n'aurait aucun sens pour une étendue sans bornes.
Il est planté. Le corpus dit que YHWH ʾElohim plante un gan. Ce n'est pas un lieu trouvé, c'est un lieu disposé, avec une intention sur chaque chose qui s'y trouve.
Il est confié. L'ʾadam y est placé pour le servir et le garder — deux verbes qui reviendront pour le service du sanctuaire. Il n'y est pas locataire : il y tient un office.
Pourquoi ce n'est pas un décor
Le mot que les traducteurs grecs ont employé, paradeisos, vient d'un terme perse pour le parc clos d'un roi. Il a fini par désigner un ailleurs heureux, un séjour après la mort.
Le gan hébreu n'est rien de cela. C'est un lieu de ce monde, avec des fleuves qu'on peut nommer, un sol qu'on travaille, et une porte par laquelle on sort. Sa perte n'est pas la perte d'un bonheur : c'est la perte d'un poste.
Ce sur quoi cette fiche repose
*Genèse* 2:8-15 et 3:23-24 ; les verbes avad et shamar, dont l'emploi conjoint est celui du service sacerdotal.
Formes
gan · hagan · began · gan-eden · miggan
Source
1588 · גַּן