Intraduisible
kavash
כָּבַשׁ
prendre en charge
Prononciation
ka-VASH — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).
Le sh est un shin : c'est le « ch » de « chat » — dans l'ONT, c'est sh qui porte ce son, jamais ch.
Le verbe vient juste après radah, dans la même phrase : remplissez la Terre et kavash (kavash/ כָּבַשׁ)-la. On le traduit « soumettez-la », et le mot a fait beaucoup de dégâts — il a servi d'autorisation, pendant des siècles, à prendre sans compter.
Regarde ce que le verbe désigne quand le corpus l'emploie ailleurs. Il dit prendre possession d'un territoire pour s'y établir : entrer dans un pays, l'occuper, y installer un peuple qui n'avait pas de sol. C'est un mot de prise en charge, pas de saccage — il suppose qu'on va y vivre, donc qu'on va devoir que cela dure.
Un homme qui kavash une terre en fait sa terre. Il en devient responsable. Ce n'est pas le geste de celui qui pille et repart : c'est celui de celui qui s'installe, défriche, borne, et devra manger de ce sol l'année suivante.
Et la phrase où le verbe apparaît fixe le cadre avant de le donner. L'homme vient d'être déclaré tselem — la statue du roi dressée dans une province lointaine. Un vice-roi qui ruinerait sa province ne serait pas un mauvais propriétaire : il n'est pas propriétaire du tout. Il serait un représentant infidèle, ce qui est autrement plus grave, et le corpus juge les intendants là-dessus sans indulgence.
Le second chapitre dit la même charge dans un autre vocabulaire, et c'est ce qui lève l'ambiguïté pour de bon. L'homme y est placé pour avad et shamar le Jardin — servir et garder, la paire exacte qui décrira le travail des lévites dans le Tabernacle. Le domaine à prendre en charge est un sanctuaire, et son occupant en est le desservant.
Deux vocabulaires, celui du palais et celui du temple, pour une seule fonction. Rien dans ni l'un ni l'autre n'autorise à épuiser ce qu'on a reçu à tenir.
Source
3533 · כָּבַשׁ