La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

ʾakhal

אָכַל

manger

Prononciation

ʾa-KHAL — deux syllabes, accent sur la dernière.

Le kh est un khaf : la langue frotte contre le palais mou, comme le ch de l'allemand Bach ou la jota espagnole. Ce n'est ni le « ch » de « chat », ni le het raclé au fond de la gorge — c'est entre les deux, contre le palais (§2.12). L'alef initiale est le petit arrêt de gorge qu'on fait en disant « ah ! ah ! ».

Manger

Le §3.1 fixe le rendu, et cette fiche ne le rediscute pas : manger. Il n'y a aucun champ sémantique caché, aucune perte à la traduction. Le mot dit ce qu'il dit.

Ce qui mérite d'être vu est ailleurs : dans la façon dont le corpus le distribue.

Vingt et un emplois sur vingt-six, dans le Jardin

Compte-les. Sur les vingt-six emplois de ce verbe dans *Genèse* 1-19, vingt et un sont dans les deux seuls chapitres du Jardin — quatre en *Genèse* 2, dix-sept en *Genèse* 3.

Et regarde ce que ces dix-sept portent. Tout ce qui se passe dans le Jardin se dit avec ce verbe, et avec lui seul :

la permission ʾakhol tokhel — manger, tu mangeras l'interdit tu n'en mangeras pas la question est-ce que vous ne mangerez de rien ? la réponse nous mangeons du fruit des arbres l'acte elle en mangea, et il en mangea l'interrogatoire en as-tu mangé ? la réponse d'excuse elle m'en a donné, et j'ai mangé la conséquence tu mangeras la poussière · tu mangeras ton pain

Il n'y a pas d'autre vocabulaire. Pas de mot pour « transgression », pas de mot pour « faute », pas de mot pour « chute ». Il y a une bouche, un fruit, et un verbe répété dix-sept fois.

C'est de l'ordre de ce qu'on voit sans le remarquer, et c'est pourtant ce que le texte a choisi. La rupture n'est pas décrite par une catégorie morale — elle est décrite par un geste que tout le monde a fait ce matin.

Et le dernier emploi du Jardin est celui qui est empêché : pen yishlach yado velaqach gam meʿets hachayim veʾakhal vechai leʿolam (*Genèse* 3:22). Le verbe reste, et c'est la main qui est arrêtée.

Puis il disparaît presque

Après *Genèse* 3, le verbe s'éteint : cinq emplois en seize chapitres.

Le premier retour vaut d'être noté. *Genèse* 9:4 — la première chose interdite au monde d'après les eaux est encore une manière de manger : ʾakh basar benafsho damo loʾ tokhelu. Le monde recommence, et il recommence avec une règle de table.

Et il finit par un repas

Les deux derniers emplois de cette étendue sont des repas partagés, à deux chapitres d'intervalle.

*Genèse* 18:8 : ʾAvraham dresse le beurre, le lait et le veau devant les trois, se tient debout près d'eux sous l'arbre, et vayoʾkhelu — ils mangèrent.

*Genèse* 19:3 : Lot presse les deux, leur fait un festin, cuit des pains sans levain, et vayoʾkhelu — ils mangèrent.

La même forme, deux fois, dans les deux maisons qui accueillent. Le corpus ne dit rien de ce rapprochement et il n'y a rien à en conclure de plus que ce qui est là : le verbe qui avait ouvert la brèche est aussi celui qu'on emploie quand on reçoit quelqu'un chez soi.

Ce sur quoi cette fiche repose

Les 26 emplois de *Genèse* 1-19, relevés sur le témoin et comptés par chapitre.

Formes

ʾakhal · ʾakhol tokhel · tokhel · vatokhal · vayokhal · vayoʾkhelu · beyom ʾakholekha

Source

398 · אָכַל